Louer un pétrolier coûtait 20.000 dollars par jour en 2025, c'est maintenant 1,2 million: le coût du transport du pétrole est au plus haut historique, les experts craignent un "effondrement du marché"
Le coût d'affrètement d'un pétrolier bondit de 20 000 dollars par jour en 2025 à 1,2 million aujourd'hui, un sommet historique. Cette flambée menace le commerce mondial du brut et pourrait faire basculer le marché dans un « effondrement » selon des analystes, avec des répercussions immédiates sur les prix à la pompe et l'inflation.
Les tarifs du transport maritime de pétrole brut ont été multipliés par 60 en un an. Un pétrolier de type Very Large Crude Carrier (VLCC) qui coûtait 20 000 dollars par jour en 2025 se loue désormais 1,2 million de dollars. Cette explosion résulte d'une combinaison de facteurs : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les sanctions sur la flotte russe, la réorientation des flux vers de plus longues distances, et un manque de navires disponibles en raison de la forte demande.
Les experts du secteur, cités par BFM TV, redoutent un « effondrement du marché » si la demande de pétrole se contracte face à des coûts logistiques insoutenables. En effet, le transport représente désormais une part disproportionnée du prix final du baril. Pour les compagnies pétrolières, cela signifie des marges comprimées pour le brut non raffiné, tandis que les raffineries pourraient répercuter la hausse sur les consommateurs.
Pour l'investisseur français, les conséquences sont doubles. D'une part, l'inflation importée via l'énergie pourrait repousser une baisse des taux de la BCE, pénalisant les obligations souveraines et les actions de croissance. D'autre part, les valeurs du transport maritime (CMA CGM, mais aussi des pure players pétroliers comme Euronav ou Frontline) pourraient voir leurs bénéfices s'envoler temporairement, avant un possible retournement brutal.
Aux États-Unis, l'impact sur l'indice S&P 500 est moins direct, mais les compagnies aériennes, les transporteurs routiers et les industries lourdes souffriront de la hausse du coût du carburant. La Réserve fédérale suit de près ces évolutions, car un choc persistant sur les prix du transport pourrait raviver l'inflation core, retardant tout assouplissement monétaire.
**Ce qu'il faut surveiller** : les prochaines données hebdomadaires de l'Energy Information Administration (EIA) sur les stocks de brut américains, l'évolution des tensions au Moyen-Orient, et les rapports trimestriels des armateurs spécialisés. Un pic suivi d'une chute brutale des taux d'affrètement serait le signe d'une bulle logistique en train d'éclater.
Questions fréquentes
Cette hausse du coût du transport va-t-elle mécaniquement faire monter le prix de l'essence en France ?
Oui, à court terme. Le surcoût de transport sera répercuté sur le prix du brut livré aux raffineries, puis à la pompe. Cependant, si la demande mondiale faiblit, l'effet pourrait être compensé par une baisse du brut.
Quels secteurs boursiers sont les plus exposés ?
Les transporteurs maritimes (armateurs de pétroliers) en bénéficient à court terme, mais les compagnies aériennes, les logisticiens et les industries intensives en énergie subissent une hausse des coûts. Les valeurs pétrolières intégrées (TotalEnergies) peuvent compenser par l'amont.
Faut-il vendre ses actions de transport maritime pour éviter un krach ?
Le risque de correction est réel si les taux d'affrètement retombent brutalement. Il est prudent de prendre des profits partiels et de se couvrir via des options, ou de diversifier vers des secteurs moins cycliques.
Avec des informations de BFM TV Économie — BFM TV Économie · Título original: "Louer un pétrolier coûtait 20.000 dollars par jour en 2025, c'est maintenant 1,2 million: le coût du transport du pétrole est au plus haut historique, les experts craignent un "effondrement du marché""
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